Hommage de:

Activités & Textes:

Claudine Brelet

Jacques Sadoul

Philippe Druillet

Le Seigneur des Anneaux est-il chouette ?
par Patrick Clot

 Ou comment on écrit l’Histoire!!!
par Patrick Clot

Voyage au bout de l'enfer
par Patrick Clot

Jacques Bergier raconte :

 

La liste des personnes à abattre si les Allemands avaient occupé l'Angleterre.

 

Son apparition dans vol 714 pour sydney

 

Son rôle dans le bombardement de la base secrète de Pennemünde

Source : Emission "mauvais genres" du 16/02/02 - France Culture

Claudine Brelet : Ma présentation par rapport à Jacques Bergier

Eminent folkloriste, écrivain-maître du fantastique, Claude Seignolle, n'a cessé de jouer pour moi le rôle du grand frère qui vous conduit dans le monde des adultes. C'est chez lui qu'en 1967, j'ai rencontré Jacques Bergier. Il était quasi inévitable que le courant passe immédiatement comme dans une vraie famille, car outre l'amitié complice qui le liait à Claude Seignolle, Jacques Bergier avait suivi des cours de mon grand-oncle, le Professeur Charles Chéneveau, à l'Ecole de Physique et de Chimie de la Ville de Paris.

Tout de suite, Jacques Bergier me parla avec enthousiasme des travaux de mon grand-oncle sur les piles modernes sur l'ambre mat et sur la susceptibilité magnétique de l'aluminium... et de la première balance électromagnétique que celui-ci avait inventée en collaboration avec Pierre Curie et qui servit dans la recherche sur le magnétisme de matériaux célestes y compris sur la Lune !

Photo:1973

Jacques Bergier connaissait tout de la piste ouverte par les pionniers du Nouvel Esprit Scientifique (selon l'expression de Gaston Bachelard). Ainsi, lorsqu'il me dit : l'aluminium est le métal connu le plus intéressant du point de vue à la fois de la physique moderne et de l'histoire de l'alchimie, je retrouvais l'esprit pionnier de cet oncle qui avait marqué mon enfance et promis à mes parents que j'irais passer un jour mes vacances sur la Lune et sur Mars. Ma première rencontre avec Jacques Bergier s'est donc passée comme des retrouvailles !

J'ai lu Le Matin des Magiciens quand j'avais 19 ans, sans me douter que j'en rencontrerais les auteurs. Ce livre a déclenché ma vocation d'anthropologue... à défaut de pouvoir devenir cosmonaute. Puis, en juin 1972, après avoir longtemps discuté d'archéologie, d'alchimie, de médecines traditionnelles - et aussi beaucoup de la résistance, Jacques Bergier m'a proposé d'écrire un livre sur les médecines sacrées mon premier livre ! Sa confiance a été l'un des plus grands cadeaux que la Vie m'ait offerts, car cet ouvrage a été couronné par l'Académie française et m'a entraînée à travailler pour l'ONU, dont pendant dix ans à l’Organisation mondiale de la santé.

Décoré par le Maréchal Montgoméry à la Libération comme volontaire au service des Nations-Unies pour la grande cause de la Liberté, Jacques Bergier restera à jamais pour moi une référence morale, un modèle de modestie, de bonté, d'humour et de courage vraiment à toute épreuve.

Le petit poème que mes deux filles, Eléonore et Valentine (alors âgées de 12 et 4 ans), lui ont offert en septembre 1978 pour le féliciter de son prix Europa Littérature, deux mois avant qu'il ne rejoigne l'Infini, en dit long sur l'affection et l'admiration que toutes deux lui vouent toujours maintenant, bien qu’elles aient été alors très jeunes.

Jacques Bergier n'a eu qu'un seul tort : être trop en avance au pays de Descartes. Aujourd'hui, la génération qui se prépare à vivre dans l'espace le rattrape enfin ! Rien d'étonnant, ce visionnaire travaillait pour les générations futures.

Claudine Brelet - Docteur en sciences sociales, 1 octobre 2000

 Cher Jacques

Voici tous nos compliments,
De nous les petits enfants.
Vous nous avez ouvert les portes du ciel
C'est mieux que le Père Noël.
Si les extra-terrestres sont parmi nous
C'est bien grâce à vous.
Quand nous serons grands,
Nous irons dans les étoiles
Et nous dirons à nos enfants

Jacques Bergier, c'est un mec au poil .

Acceptez ces modestes fleurs
Pour vous dire merci de tout notre coeur.

Eléonore et Valentine, le 22 septembre 1978

 

Jacques Sadoul :

J'écoutais hier au soir, jeudi 23 novembre 1978, les informations à la télévision. Brutalement l'image de Jacques Bergier est apparue sur l'écran un instant. Il y avait quinze jours qu'il ne m'avait téléphoné et j'ai tout de suite compris que je ne le reverrais jamais. Peu après le speaker annonçait effectivement la mort du co- auteur du Matin des magiciens.

A la convention de Phoenix le prix du meilleur jeune auteur de l'année a été donné à Orson Scott Card. « Qui est-ce? » ai-je pensé. De retour à Paris j'ai demandé successivement à Klein, Demuth, Goimard, divers Bogdanoff, Duvic et quelques autres s'ils connaissaient Card. « Qui? » ont-ils répondu avec un bel ensemble. En revanche lorsque j'ai posé la même question à Bergier, il a pu me citer les publications antérieures de cet auteur et me parler de lui. Une fois de plus il venait de démontrer qu'il était non seulement le meilleur, mais même le seul et véritable spécialiste français de science-fiction. Qu'on n'imagine pas que c'est là une phrase dictée par le désir d'un hommage posthume, je pense réellement ce que j'écris.

Bergier est né en 1912 à Odessa, il était le petit-fils d'un rabbin qui, prétendait-il, pouvait léviter au-dessus de la tête des fidèles lorsqu'il était en état de transe! Son sens de l'humour et du canular a d'ailleurs toujours nui à la crédibilité de Jacques Bergier, car il était assez difficile de savoir quand il plaisantait et quand il parlait sérieusement. Pourtant, chaque fois qu'il faisait état d'une information farfelue il pouvait donner la référence correspondante. Plusieurs fois, afin de le prendre en défaut, j'ai vérifié ses références : ce qu'avait avancé Bergier était toujours exact, avec toutefois en plus un soupçon d'exagération méridionale. Après tout Odessa est au sud de l'U.R.S.S., n'est-ce pas?

Les lecteurs d'Univers le connaissent d'abord par sa présence au « Coin des Spécialistes » et ses notations manichéennes. Il m'avait promis un article pour un prochain numéro, mais il n'a pas eu le temps de l'écrire. En dehors du Matin des magiciens, Bergier était l'auteur de nombreux ouvrages dont plusieurs avaient paru directement dans la collection J'ai Lu. il venait de publier ses mémoires, "Je ne suis pas une légende", ce qui est toujours mauvais signe.

C'est lui qui le premier m'encouragea à entrer dans le monde de l'édition et m'y aida. Il fut toujours pour moi un ami aussi généreux que sûr. Contrairement à ce que disait le titre de ses mémoires, le voilà maintenant entré dans la légende.

Jacques Sadoul - ("Univers 16", Ed. J'ai Lu, 20/02/1979)

Philippe Druillet :

... Donc, je suis ce mec (JB) à travers les couloirs, pendant que tous les autres (de "Planète") s'affairaient; normal, ils avaient la pensée du Monde à construire. Dans les couloirs repeints de neuf, j'arrive à Son bureau, bien moins vaste que celui de Pauwels (celui-ci était presque un couloir). J'entrais, Lovecraft encore sur les lèvres (ils en ont parlé auparavant) ... quand la porte se refermait, ce qui était rare d'ailleurs, car il la laissait le plus souvent ouverte, peut-être pour voir l'Univers s'agiter au dehors. Aussi sec, je lui montre mes dessins. Enfin, un être humain dans cette maison ! Et c'était le seul qui fut un extra-terrestre: il vivait devant moi ... Quelques boutades, des gags pas vrais, puis soudain, « Je veux vous montrrer un document rarrissime sur notrre camarrade Lovecrraft » nous dit-il, et il se dirige vers l'armoire: L'ARMOIRE. Je jure que j'ai eu des coups durs dans ma courte vie, mais cette armoire je ne l'oublierai jamais, grise, métallique, à deux battants, s'ouvrant violemment elle s'offre aux yeux éblouis du pélerin (Bon Dieu, Jacques, j'en frémis encore à cette heure du soir !).

L'ARMOIRE : ce fou avait donc un document à me montrer, un document dans ce foutoir cosmique, Babel de merde, où seul un extra-terrestre pouvait ranger des bouquins de cette façon. Une avalanche de livres n'attendant que la fuite, comme un torrent jaillit sur la moquette, et moi plaqué contre le mur je retiens mon souffle, de peur d'être atteint par une malédiction plus ancienne que les Anciens eux-mêmes, indifférent à ce maelstrom cosmique, bien lointain des beaux rayonnages bien rangés de Pauwels ; le Maître des géométries noneuclidiennes extirpe de sa main (que je soupçonnais déjà être une griffe) le fameux Document. Ravissement. Refermant la bibliothèque d'Alexandrie dans un bruit d'enfer, mes yeux éblouis voyaient le chaos s'évanouir dans une poussière d'étoiles. « Alorrs ... Alorrs... Voici ... »
... et il me montrait ce fameux document, qu'il m'a offert d'ailleurs, après une discussion qui ne regarde que lui et moi.

Puis je le quittais, craignant de troubler son temps précieux jusqu'à la prochaine fois.

Dans les couloirs, je croisais les habitants de l'autre Galaxie, Mousseux et Compagnie.

Extrait de "Naissance d'une Légende" - "Métal Hurlant" numéro 37 - 01/79.

Prilly,le 27 décembre 2001 - Le Seigneur des Anneaux est-il chouette ?

C’est un ami du Seigneur de Sologne, mieux connu sous le nom de Claude Seignolle, qui ouvrit la porte du monde merveilleux du Seigneur des Anneaux au lectorat francophone. Cet ami, incarnation de l’extraterrestre sur notre planète, sortit de quelques planches d’un album de Tintin pour révéler sur un ton habituellement ironique, malicieux mais toutefois professoral, cette œuvre de Tolkien. Mik Ezdanitoff sous ses véritables traits écrivit, en 1970, un article sur le Seigneur des Anneaux. Il dit ceci : « Il faudra probablement que le professeur J.R.R. Tolkien, d’Oxford, ait le prix Nobel pour que l’on s’aperçoive en France de la qualité extraordinaire de son œuvre et de son génie ». Cet article publié dans le livre Admirations, aux éditions Christian Bourgois, présentait neuf autres écrivains magiques. « Même si cette notion est subjective, personnellement, je reconnais un écrivain magique à ce que je ressens pour lui une admiration totale sans esprit de critique » devait-il ajouter.

Il y a deux ans je téléphonai à Christian Bourgois et il me raconta cette belle histoire : « Je connaissais Jacques Bergier depuis le début des années soixante (…) Nous nous sommes rencontrés car il voulait me présenter l’œuvre de H.P. Lovecraft. Et de ces rencontres successives naquirent l’idée du livre Admirations. Ensuite, j’ai contacté les différents éditeurs afin de publier les livres des auteurs cités et le seul à me répondre fut celui de Tolkien ». Voilà comment un héros de bande dessinée révéla Le Seigneur des Anneaux comme Baudelaire qui révéla Edgar Poe et Claude Farrère qui révéla Kipling. Mais au fait, que veut dire Mik Ezdanitoff (expression contractée d’origine flamande) en français ? La réponse est : mais est-il chouette ? Et Jacques Bergier, Résistant, Incollable, prodigieux conteur, le fut et le restera…

Patrick Clot

Ou comment on écrit l’Histoire !!! 1 par Patrick Clot (18/08/2001) - Louis Pauwels

Écrivain et journaliste français (Paris, 1920 — Paris, 1997). Résistant, déporté, rescapé du camp de Mauthausen, il devient, après la Seconde Guerre mondiale, journaliste à Combat, participe à la revue Arts et dirige le mensuel féminin Marie-France. Mais chimiste de formation, passionné par l'insolite, il publie, en 1961, avec la collaboration de Jacques Bergier, Le Matin des magiciens, compilation ésotérique qui connaît un immense succès. Dans la foulée, il lance la revue Planète dont le tirage dépasse très vite les 100 000 exemplaires et qui sera déclinée, en 1963, dans l'Encyclopédie Planète. Mais ces publications ne résistent pas aux remous créés par les événements de mai 68. Écarté de la scène médiatique pendant neuf ans, Louis Pauwels réapparaît en 1977 à la direction des services culturels du Figaro, où il établit les bases du Figaro-Magazine. Le succès de cette nouvelle formule lui vaut de rester à la tête de cet hebdomadaire jusqu'en 1993. En 1979, il suscite des polémiques avec la création de la « nouvelle droite » qui prône l'inégalité « naturelle » entre les hommes. Ses formules chocs, notamment le « sida mental » dont, selon lui, étaient victimes les étudiants manifestant contre la loi Devaquet en 1986 et, plus généralement, les nouvelles générations livrées, affirma-t-il, au « prêt-à-penser » et aux manipulations médiatiques, ainsi que ses positions tranchées sur l'immigration restent pour ses détracteurs autant de dérapages dans une carrière où se sont succédé les coups d'éclat et les désillusions.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2003 (Source Yahoo et Encyclopédie Hachette Multimédia Intégrale v.7.0 2004). Et Yahoo !


Cette présentation existait déjà au mois août 2001 et l’on pouvait y voir au-dessous de celle-ci :
Données encyclopédiques, copyright © 2001 Hachette Multimédia / Hachette Livre, tous droits réservés. Notice légale. Copyright © 2001 Yahoo ! France. Tous droits réservés.


Cette présentation par Hachette Multimédia / Hachette Livre de Louis Pauwels que vous trouverez telle quelle en interrogeant le moteur de recherche Yahoo suscite des réactions bien au-delà des membres de l’association Jacques Bergier. Aussi, nous devons réagir. Nous avons adressé deux courriels à Hachette Multimédia et deux lettres recommandées (les 10 juin 2004 et 21 août 2004) afin de leur demander de modifier cette présentation, car une partie de la biographie de Jacques Bergier est purement et simplement attribuée à Louis Pauwels qui, lui, n’a été ni résistant, ni déporté, ni rescapé du camp de Mauthausen. Il y a tout de même des limites à l’approximation2. A ce jour, le 30 novembre 2004, nous n’avons pas reçu de réponse. Nous ne demandons pas une indemnisation financière, mais simplement que la vérité historique soit rétablie par une correction de cette présentation, aussi bien sur la page du moteur de recherche Yahoo ou autres, ainsi que dans l’Encyclopédie Hachette Multimédia dont l’édition 2004 est vendue en librairie. Cette information ne figurera plus sur notre site dès que nous prendrons connaissance de la publication des corrections effectuées en bonne et due forme par les éditions précitées. Nous précisons que l’association Jacques Bergier n’a aucun grief contre Louis Pauwels et sa famille. Les internautes sont invités à donner leur avis par mail, ainsi que leur opinion sur la présentation de M. Jacques Bergier faite par ces mêmes éditeurs.

1Citations d’un grand auteur de SF française dans un courriel du 18 août 2001.
2 Idem

Voyage au bout de l'enfer. Par Patrick Clot (28/11/2005)

Si Jacques Bergier était un grand promoteur de la littérature qui accélère les neurones et qui développe l’imagination - c’est à dire la SF et le fantastique pour autant qu’il y ait une différence en direction d’un point coercitif quelque part placé dans les découvertes scientifiques futures - il a été, il est, et restera un grand Résistant, un Résistant scientifique aussi. Il sera, comme tant d’autres, victime de la S.S. fondée en 1920 par Hitler lui-même afin de le protéger, et déléguée en 1929 à Himmler lorsque les nazis eurent gagné les élections de Bavière. Munich était sous la botte nazie et de l’Ordre Noir. Cet ordre, véritable secte dont Himmler devait grâce à des scientifiques, notamment des archéologues, démontrer l’origine scandinave du peuple allemand (confirmer par la chaîne radiophonique France-Info le 11.11.2005 à 21h 59) et créer une religion dont Hitler serait le nouveau Messie. Voir à ce sujet le terrible livre de plusieurs milliers de pages La Gestapo. La S.S. représentante de l’Ordre Noir était équipée d’un uniforme noir avec une casquette marquée par une tête de mort. Elle deviendra rapidement responsable des Camps de Concentration dont l’un des premiers, perdu sur le Danube, fut Mauthausen. Je suis allé à Mauthausen et à Melk suite à la lecture gourmande du livre de Pierre Daix, Le Bréviaire pour Mauthausen, pour rendre hommage aux déportés connus, et inconnus si cela est possible... Mais sur le livre d'or du camp de Melk, je n'ai pas oublié Jacques Bergier, M.Daix, M. Jolivet et M. Louvel.

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